Le larynx et les cordes vocales

La vibration, notre source sonore

    La voix dépend de l’équilibre installé entre la pression d’air venant des poumons par la trachée et la rétention d’air par les cordes vocales. Il faut adapter la pression à la hauteur, à l’intensité et au timbre du son qu’on désire émettre, en jouant sur la longueur, l’épaisseur et la tension du muscle vocal.

    Placé juste derrière la “pomme d’Adam”, le larynx est une structure fondamentale de la production de la parole. C’est un robinet qui sert à fermer la trachée, en la connectant au pharynx, et en fait un passage obligé de l’air pulmonaire pour produire un son.

    Le larynx

    Le larynx renferme les deux petits muscles, de 20 à 25 mm de long, recouverts d’une muqueuse très souple, que sont les cordes vocales. Elles sont en fait des plis musculaires vibrants qui, accolés par influx nerveux, se décollent au passage de l’air.

    Plus ou moins contractées, elles s’écartent et se rapprochent périodiquement en réponse au déséquilibre des pressions sous et sub-glottiques. Elles effectuent ainsi, telles les deux anches du hautbois, un travail de « battement ». C’est cette discontinuité dans la colonne d’air qui génère une onde sonore. La fréquence de battement des cordes vocales détermine la fréquence fondamentale du son, c’est-à-dire sa hauteur tonale. Par exemple, chantez le LA du diapason ou du téléphone = 440 accolements à la seconde, donc 440 Hertz.


    Grace aux muscles connectant les cartilages du larynx, les cordes vocales peuvent s’épaissir s’affiner, s’allonger, se raccourcir se raidir se ramollir et même se placer dans des configurations différentes.

    On dénombre 4 mécanismes vibratoires :

  • Mécanisme 0 (M0) est également appelé « fry ». Essentiellement accessible aux hommes, il est parfois utilisé en voix parlée sur le son “euh” et ressemble à un gargarisme sans eau. Ici, la tension des plis est si faible que la vibration n’est pas périodique. Les sons sont peu sonores et n’ont pas de hauteur clairement indentifiable (Hollien et Michel, 1968). Si vous fredonnez doucement la note la plus basse possible, vous serez probablement en M0. Sinon écoutez la voix d’outre tombe a la fin de la chanson Thriller de M.Jackson.
  • Mécanisme 1 (M1) est habituellement associé à ce que des chanteuses décrivent comme leur « voix de poitrine » et les hommes comme leur voix normale. Ce mécanisme est utilisé pour parler et produire des sons bas et moyens. C’est le mécanisme le plus fréquent chez l’homme. Il permet de produire des sons entre 80 et 400Hz. En M1, la quasi-totalité de la masse et la longueur des cordes vocales vibre.
  • Mécanisme 2 (M2) est associé au registre de voix de « tête » des femmes et au falsetto chez les hommes. Il est utilisé pour produire des sons medium et aigus pour les femmes, et des fréquences élevées pour les hommes. C’est le mécanisme le plus fréquent chez la femme. Il permet de produire des sons entre 300 et 1500 Hz. En M2, une fraction réduite de la masse du pli vocal vibre. Ceci implique l’allongement d’environ deux tiers de la longueur des plis vocaux sur une largueur et épaisseur amoindrie.
  • Mécanisme 3 (M3) ou « voix de sifflet », à l’opposé du « fry », permet de développer un son extrêmement aigu utilisé lors de certains cris, notamment chez les chanteuses lyriques. Cette « voix de sifflet », essentiellement accessible aux femmes, est une voix détimbrée, comparable à une sirène ou un crissement de craie.

Dans le chant lyrique et moderne ce sont les mécanismes M1 et M2 qui sont principalement utilisés.

Cependant le passage d’un mécanisme à l’autre provoque un changement de timbre important, et peut même être accompagné d’un saut de fréquence.

La technique vocale, vise notamment à atténuer ce changement et à obtenir un continuum de timbre d’un mécanisme à l’autre.