La résonance et le conduit vocal

Le Conduit Vocal est l’amplificateur de la voix. Comment en prendre le contrôle ?

    Par la modulation de sa forme et le couplage des fosses nasales, le conduit vocal peut varier considérablement son litrage, donc la taille de la caisse de résonance. Le chanteur, modifie sa résonance en jouant sur le positionnement de :

points de réglage résonantiels

Ces points de réglage sont éssentiels : imaginez le son que pourrait avoir une guitare donc le corps changerait de taille, passant de celle d’une contrebasse à celle d’un banjo…

Le conduit vocal amplifie les sons d’intensité modeste émis par les cordes vocales, à la façon des haut-parleurs. Par ailleurs, grâce aux différentes cavités de résonance qui le composent, il permet également de transformer les sons. L’ensemble de ces phénomènes confèrent aux sons leurs caractéristiques de timbre. Le timbre d’un son est donc la signature acoustique des différentes cavités résonantes :

  • Le pharynx prolonge le larynx à la manière du pavillon d’un instrument à vent. Ouvert à chaque extrémité, il est le premier résonateur en amont du larynx et est constitué d’un ensemble de cavités souples, disposées verticalement entre le larynx et la bouche.
  • La bouche sert de caisse de résonance et de plectre. Située devant le pharynx, elle est l’organe phonatoire le plus connu et le plus précis de l’organisme humain. Elle est suffisamment souple pour changer de forme et de dimension, notamment en fonction de la position du système articulatoire. A partir du son laryngé, et en association avec le pharynx, elle produit les phonèmes supportant le langage articulé.
  • Les fosses nasales peuvent être considérées comme des résonateurs sur certains types de sons dits « nasalisés ». Selon la position du voile du palais, l’air pulmonaire peut passer ou non en partie dans les fosses nasales.

Le principe de base sur lequel repose la technique vocale qu’utilisent les chanteurs est constitué par l’accord phono-résonantiel. Pour émettre un son assez puissant sans avoir à fournir de trop gros efforts, il suffit d’accorder les cavités de résonance sur le son laryngé en modifiant leur forme et par conséquent leur volume.

Le rôle du professeur de chant va consister dans un premier temps, à faire mémoriser à l’élève les formes caractéristiques de la cavité pharyngo-buccale pour chacun des trois registres. Ensuite, il lui enseignera la manière d’accommoder progressivement ses résonateurs pour passer d’un registre à l’autre. Cet apprentissage fait appel à la mémoire kinesthésique, c’est-à-dire la mémoire des mouvements musculaires.

L’étape suivante va solliciter plus directement la mémoire pallesthésique, c’est-à-dire la mémoire de la localisation des vibrations les plus intenses ressenties au cours du chant. Elle consiste à apprendre à l’élève à affiner ses sensibilités internes et à localiser avec précision chacune des notes de sa tessiture, selon le schéma corporel qui correspond à la technique vocale qu’il utilise et à la catégorie vocale à laquelle il appartient.

C’est par l’oreille seule, que le professeur va guider l’élève et lui apprendre à associer une image auditive à une sensibilité interne. Cette pratique qui relève du conditionnement des réflexes, va permettre à l’élève d’acquérir au terme d’un apprentissage la mémoire kinési-pallesthésique indispensable au contrôle de l’émission vocale.

Le chanteur “corrige” son timbre vocalique, notamment par :

  • Le contrôle de la hauteur du larynx : le Larynx doit pouvoir librement monter vers l’aigu et descendre vers le grave ; Cependant, par un travail de mémorisation posturale allant à l’encontre des réflexes musculaires naturels, le Chanteur parvient à modifier ou corriger le son des voyelles à sa guise en contrôlant le mouvement de son larynx. Ainsi le conduit vocal s’allonge ou raccourci conférant a une même voyelle la possibilité d’être chantée plus ou moins clair, ou plus ou moins sombre.
  • La surélévation du voile du palais : le chanteur place son voile du palais en position haute, fermant ainsi l’accès aux fosses nasales qui consomment une partie du flux d’air pulmonaire sans produire la résonance adéquate.
  • La langue plate derrière les incisives inférieures : on recherchera cette configuration pour ne pas encombrer la cavité buccale avec la masse de la langue.
  • A défaut, la langue relevée en position postérieure : on privilégiera cette position pour renforcer le grave du spectre.
  • Les lèvres tubées ou retroussées : l’avancement des lèvres en forme de tube (comme pour prononcer un {ou} avec exagération, que l’on prendra soin de ne pas fermer) produit l’allongement du résonateur buccal et la création de la cavité de résonance labiale. A l’inverse, pour déplacer l’équilibre spectral vers l’aigu, on peut retrousser les lèvres supérieures en découvrant les canines, dans une position dite “du vampire”. Pour parvenir à l’équilibre spectral recherché.

L’apprentissage vocal passe donc par un incontournable travail d’oreille : l’écoute et le repérage des différentes fréquences qui caractérisent les voyelles. En tenant compte des forces et faiblesses de chacune d’entre elles et en les combinant, on parvient à les renforcer et à recréer des métas voyelles plus équilibrées et par conséquent au rendement vocal supérieur.

A partir du schéma ci-dessous, on peut identifier 7 caractéristiques fondamentales : les voyelles aigues, graves, neutres, ouvertes, fermées, orales ou bucco-nasales.